Coloristique

Jeu d’atelier d’écriture : écrire un texte à partir d’une œuvre de Mihai Criste

Mihai Criste

Voici mon texte :

Couleurs bigarrées ou
Couleurs d’harmonie
Sur des flots de hasard
Swingue une frégate.

Sûrement un hacker gouaché
Si j’en crois les pavillons noirs
Mais rien n’est moins sûr.

Sur les voiles de toile
De grands noms
Monet et Munch
Vinci et Kandinsky
Botticelli ou Van Gogh
C’est un moment d’impression
De teinturier coloriste
Quand les rames productives
Transfèrent l’oeuvre
De Mihai Criste

Couleurs bigarrées ou
Couleurs d’harmonie
Sur des flots de hasard
Swingue une frégate.

Le vers brisé

Concrètement, l’animateur d’atelier d’écriture va proposer un poème déchiré. Chaque écrivant devra créer 2 poèmes à partir des deux morceaux.
Une partie (côté gauche) commence le premier poème. L’autre partie termine le côté droit du second poème.

Voici le texte de départ, il s’agit d’un poème de Maurice Carême.

L’automne

L’automne, au coin du bois,
Joue de l’harmonica.
Quelle joie chez les feuilles !
Elle valse aux bras
Du vent qui les emporte
On dit qu’elles sont mortes
Mais personne n’y croit
L’automne, au coin du bois
Joue de l’harmonica.


Mes deux textes soit deux poèmes différents :

L’automne, aux rougeurs mordorées
Joue de facéties dans les ramures
Quelle joie chez les imaginatives couleurs
Elles valsent d’une tonalité à l’autre
Du vent, elles murmurent un froufrou
On dit qu’elles batifolent dans son souffle
Mais flottent sur le hasard des tapis forestiers
L’automne, aux langueurs monotones
Joue à tirer sa révérence.

Le maître fourbu au coin du bois,
Joue avec grand peine de l’harmonica.
L’ écrit, se mélange dans les feuilles !
Et l’archet lui fait mal aux bras
Au diable le vent qui les emporte
Ses rimes musicales sont mortes
Car, au final ; personne n’y croit.
Un maître bourru au coin du bois
Joue, sans y croire, de l’harmonica.

Ecritreve

Sur la table
Une feuille de papier
Un stylo quatre couleurs

Dans ma tête
Une foultitude de phrases
Une débauche de vers libres

Que faire de cette abondance
Sur l’immensité de la page ?
Comment dompter ce flux
Pour un si frêle feuillet ?

Le bic dans les starting-blocks
Je me prépare
Couleur noire
J’hésite
La bille se pose
Je me lance
Une phrase après l’autre
Lentement
Posément
Comme pour contraindre ma pensée.

Ce n’est qu’un premier jet
Il faudra le retravailler
Retourner sur le texte
Sur les vers sans rimes
Sur les strophes inachevées
Sur les accents chaleureux
Et les jambages d’opalescence.

Aujourd’hui encore
Je ne déposerai pas
Tout mon fouillis de vers !

Je pose mon stylo
Et conserve en moi
Des trésors d’imagination
Pour que le rêve ne tarisse pas.

La course

Vous êtes journaliste et relatez un évènement ou un fait divers. Dans votre texte, vous devez introduire une ou deux citations de Pierre Dac.

Au cours de cette session, je me suis permis un clin d’œil vers une fable que vous reconnaitrez probablement et me suis amusé à jouer avec différents niveaux de langage. Voici mon écrit :

Comme le disait Pierre Dac, « j’ai toujours été surpris qu’un record battu ne soit jamais plaint ». C’est, à peu près, ce qui est arrivé lors d’une course mémorable entre un lièvre et une tortue le week-end dernier.

La tortue, zen comme à son habitude, ne se faisait pas trop de bile, elle sifflotait tranquillement sans se stresser, prenant le temps d’un petit mot gentil pour les spectateurs venus en nombre pour le record.

Le lièvre, durant ce temps, trépignait, fanfaronnait à qui mieux mieux, s’esclaffait à perdre haleine, faisait le beau : « C’était sûr, il allait gagner ! »

Et le lièvre a gagné !

À bout de souffle, certes ! Crachant ses bronches, les pattes en feu, c’est certain ! Mais arrivé le premier sans nul doute !

D’ailleurs, la tortue ne s’est-elle pas pointée pian pian quatre bonnes heures après, le teint frais et sifflotant toujours…

Le lièvre reste coi face à tant de nonchalance, il demeure sidéré, presque courroucé.
Mais, s’enquit la tortue, pourquoi tant de haine ? comme disait Pierre Dac : « Rien ne sert de courir si l’on n’est pas pressé ! »

Granville Fables

Illustrations des fables de La Fontaine par Granville

L’après

Consigne : Tout en s’inspirant d’une œuvre d’art que vous aurez choisie, écrivez un texte court contenant le plus de conjonctions de coordination (mais, ou, et, donc, or, ni, car) possibles.


Mais quelle heure est-il ?
Cinq heures moins cinq ?
Du matin ou de l’après-midi ?
Sous la pyramide du Louvre
Je regarde sur l’après
Car demain m’attire.
Et le sextant horaire
Ne me donne
Ni consigne
Ni direction
Or demain se vit déjà au présent.

Les contemporains

Gloria Friedmann, Les contemporains, 2006

Homonymes

Pour ces écrits, je me suis librement inspiré d’une proposition de Sandra Dulier que vous pourrez découvrir en cliquant ICI.

Le défi consiste toujours à utiliser des homonymes (homophones ou homographes) mais, par contre, en en mettant le plus possible dans un texte le plus court possible. L’ensemble, là aussi, doit conserver un sens.

Pour le premier, j’ai un peu triché ; je sais, c’est pas bien ! 😊


Saoul tu reviens
Sans le sou
et sans dessus dessous


Si et seulement si
Je jouais de la scie
Il me manquerait toujours un si.

Vous voulez essayer ? À vos plumes !


Définitions (dictionnaire antidote) :
Homonyme : Chacun de deux ou plusieurs mots qui ont une orthographe identique (homographes) ou une prononciation identique (homophones), mais un sens différent.

Marais

Menu calviniste

Le but de ce jeu d’atelier d’écriture était de se servir du champ lexical pour concevoir un menu thématique (comme au restaurant) en rapport avec un métier, une période de l’Histoire, une émotion etc.

Pour ma part, j’ai choisi d’évoquer l’histoire de Jean Calvin, grande figure du protestantisme.


Voici mon menu :

  • Apocryphes tranchés à la mode picarde
  • Maquis de colombes sauce La Rochelle
  • Tomme de Genève
  • Forêt noire en cousinage

Jean Calvin

Fratries

Ce mercredi-là, j’ai invité les écrivants à s’exprimer dans un jeu de réécriture (déjà proposé dans le cadre d’un atelier d’écriture par un autre animateur à la bibliothèque Parment à Rouen). Nous sommes repartis d’un incipit commun, une phrase tirée du roman « Un amour de Geek » de Luc Blanvillain :

« C’est pas vrai !! hurla Thomas, furieux, en balançant sa souris contre le mur. Je me suis fait exclure du jeu par l’administrateur réseau ! »

Pauline, sa petite sœur, qui lisait un livre de filles, assise en tailleur dans le grand fauteuil, répondit calmement : »


Voici le texte que j’ai produit avec la volonté d’être décalé, mais aussi le plus près possible d’une situation au sein de laquelle les personnes ne s’écoutent plus.


« C’est pas vrai !! hurla Thomas, furieux, en balançant sa souris contre le mur. Je me suis fait exclure du jeu par l’administrateur réseau ! »

Pauline, sa petite sœur, qui lisait un livre de filles, assise en tailleur dans le grand fauteuil, répondit calmement :

« Qu’est-ce que tu as fait cette fois ? Tu t’es acharné à coups de ping contre le serveur du jeu ? Tu as baptisé ton meilleur adversaire avec tous les noms d’oiseaux via l’IRC ?

– Non, je trouve que leur serveur lagge à donf, ce n’est pas possible ! J’ai vu leurs machines, pas assez de RAM, des processeurs poussifs ; des serveurs qui tournent encore, tu ne vas pas le croire, sous Windows NT 2000 !

– Excuse-moi, mais je n’ai pas branché le décodeur et n’essaie surtout pas de m’expliquer ! La dernière fois, je me suis chopé une migraine pas possible !

– Et, en plus, ils ont une connexion minable !

– Migraine qui a bien duré une bonne semaine !

– Ils ont un compte internet chez un FAI exotique !

– Voire même un mois, un mal de tête terrible !

– Un débit d’un méga ! Une misère !

– Je m’en fous ! s’écrit Pauline exaspérée, je retourne à mon livre de fille comme tu dis ; livre de fille, pfff, qu’est-ce qu’il ne faut pas entendre… »

Thomas bougonne, cette sœur l’énerve au plus haut point, elle n’est même pas en capacité d’écouter les choses tellement intéressantes qu’il lui raconte… Pourtant, c’est son boulot d’écouter, une éducatrice spécialisée, m’enfin !

Mais Pauline est déjà replongée dans son ouvrage, sûrement un truc pas captivant sans ligne de commande, sans pilote à installer ! Il se penche légèrement pour apercevoir le titre, sûrement un catalogue de la redoute ou des trois suisses, et il lit « Critique sociale du jugement » de… il tente de trouver le nom de l’auteur ; Bondieu ! Non, ce n’est pas Bondieu, c’est… c’est… Bourdieu ! Pierre Bourdieu !

Thomas reste dans l’expectative, non, finalement, rien à faire, il ne connait pas cette ligne de vêtements !

Acrostiche

Cet acrostiche est un petit jeu classique réalisé en atelier d’écriture.
Chaque lettre en début de vers est une lettre de mon prénom.
Ainsi, vous pourrez retrouver intégralement mon prénom à la verticale).

Juste le temps d’écrire
Est-ce s’accrocher et
Accepter le défi d’un
Nuage de mots ?

Cocarde d’idées
Les verbes glissent
Au-delà des marges
Une vague d’émotion
Déshabille mes rimes
Et modifie le tempo.

Vous en voulez un autre ?
Toujours avec mon prénom, celui-ci est plus ancien :

Jʼaimerais tant
Encourager lʼhumain
À ne plus sʼentretuer dans
Nos natures dénaturées.

Cʼest un rêve
Lʼhistoire dʼun songe démesuré
Auquel rien ne me préparait
Une lettre ouverte sur lʼavenir
Dégrippant les chaînes
Et ouvrant la porte des cachots.

Déguisement

En qui suis-je déguisé ?