Si un jour

Poèmes courts réalisés en atelier d’écriture à partir de la consigne suivante : Chaque début de texte doit impérativement commencer par « si un jour ». Voici ce que j’en ai fait en flirtant souvent avec le surréalisme.

Si un jour
Les poules avaient des dents
Les œufs seraient en or !

Si un jour
Les pâturages bleus
Jouaient à faire ciel
La mer toute jaune
Verdirait les parquets.

Si un jour
Les tentacules vipérins
Aspiraient au changement
La paix reviendrait
Dans l’usine sociale.

Si un jour César
Finissait au mitard
Brutus la fine lame
Terminerait en réclame

Si un jour
Le jour ne venait à poindre
Ce serait un jour sans tain
Un jour sans appoint.

L’épanadiplose

Définition : Selon le Petit Robert ; l’épanadiplose est une figure de style consistant à répéter, à la fin d’une proposition, le mot ou le groupe de mots qui débute cette proposition.

J’ai proposé ce jeu lors d’un atelier d’écriture que j’animais.

Le texte quelque peu surréaliste que j’ai écrit avec ces contraintes :

Rallye Logo, mot que je rallie
Littéralement jusqu’à la lie
Demain j’écrirai à deux mains

Lendemains fragiles et lents
Le papier déroule le pas
Des chansons à la cime des champs.

Les trouvères bouchent les trous
Des partitions prêtes au départ
Vers la cathédrale de Nevers.

Epanadiplose

Vous avez envie d’essayer ? N’hésitez pas à mettre votre création en commentaire… Petite précision, les commentaires n’apparaissent qu’après acceptation afin d’éviter trop de spams ; ne vous inquiétez donc pas s’il y a un petit délai avant publication.

Slam

Tout à la baramine
Quand la mine te mine
Des coups de grisou
Pour un salaire à quatre sous
Et les tonnes de charbon
Pour faire vivre le coron.

Quand le café est dégueulasse
Dans ton quart devenu crasse
Tu regardes vers l’horizon
Et tu te dis qu’t’as pas un rond

Putain de charbon
Putain de mine
À force d’être pris pour un con
Faudra bien que tu te détermines.

Dans une dernière goulée de jus crado
Tu trônes sous les lampes du Prado
Dans ton regard vide et majestueux
Le charbon passe, sinistre et tempétueux.


inspiré d’une photo de Pedro Luis Raota

Diantre, quelques homéotéleutes.

Je ne regrette pas d’avoir écouté cette playlist
Sa musique entrainante
Va m’apporter
De la motivation pour toute la journée
Du peps !
Du printemps à longueur d’année,
Du voltage, déchirant les enceintes,
Un hymne personnalisé pour la gratte d’Hendrix.

Tiens, une erreur
Pour ce nouveau chœur
Il manque d’accordeurs
Asteure.

Car si le violon apporte la douceur,
La « hardeur » d’une bonne basse
Qui passe et que rien ne lasse
Ne casse pas la nasse
Des notes qui dénotent
Des potes de Paul Potts

M’accorderiez-vous cette danse, Gentle dame ?
Le flux et le reflux amoureux
M’égare et je me gare en gare
Près d’une mare en flemmard…
Qui donc se marre ?
Tant pis, c’est dit, je ne piquerai pas un fard…


Nota bene : L’homéotéleute est une répétition de sons sur des syllabes finales.

Tres Hombres

Hissez la grand-voile !

L’ordre est donné
Le port s’éloigne à vive allure.

Jules, du haut de ses quinze ans
Sanglote en retrait
Première fois qu’il prend la mer
Première fois qu’on le prend pour un grand
Première fois qu’il bosse !

Bosse ?

Des bosses, il en a pris
Dans sa chienne d’existence

Boss ?

Tiens, le voilà, le Bosco
Le maître à bord

Et dans les cales repose
Une pleine cargaison de vin bio
Pour l’Angleterre.

Et dans les voiles,
Danse comme un air d’antan
Une symphonie d’Éole
En l’honneur de Bacchus
Un rythme des énergies
Un affairement de chaque instant.

Jules, tout penaud, essuie ses yeux
Se mouche le nez et sourit
Il se dit intérieurement :
« Bouge moussaillon ! »

Et la brigantine continue
À braver les flots
Au cœur du 21ème siècle !


Librement inspiré de cette vidéo :

Acrostiches textuels

À partir de la phrase « tout sera pâle et gris »

Tout le monde s’active, il
Sera bientôt minuit et le revenant
Pâle et tremblant rendra tout de suite
Gris les cheveux de l’assistance.

À partir de la phrase « dans les toilettes d’un café »

Dans un passé lointain
Les dames d’origine bourgeoise portaient des
Toilettes achetées à Paris près
D’un boulevard creusé non loin d’un
Café peuplé de rieurs prolétaires.

À partir de la phrase «il reprit sa respiration »

Il ne fallut pas grand chose, il
Reprit sa marche forcée vers la ville
Sa conscience vacilla et sa
Respiration devint douloureuse et fugace.

Attitudes

Aïe, aïe, aïe

J’ai mal à mon calendrier
Les jours filent, les heures s’accélèrent,
Les secondes s’affolent,
Les minutes oublient la douceur des jours.

On croirait une vie en miniature
Un feu follet des siècles
Un radeau agité dans l’immensité de l’océan
Une chiquenaude du mouvant…

Je revendique, aujourd’hui, la « Slow Attitude » !
C’est une transition remplie de courage
La douceur d’un onctueux chocolat
Une oeuvre de pénardise
Une exposition du tranquillos
Une suave nonchalance
Aux notes argentées.

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Spleen automnal

Le blé est moissonné,
La ville est lessivée,
L’automne chamarré
S’installe en maître
Sur les jours diminués.

Chacun s’active
À trouver un peu de chaleur tantôt en sa demeure;
Et bravant les flots de hallebardes
Trône dans les rues désertes aux pavés délavés
L’ombre sinistre d’un parfum d’abandon aux élans mélancoliques.

La ville s’effeuille,
L’automne chamarré
S’installe en despote
Sur les nuits rallongées.

Recette à la grimace

Atteindre des limites
Mais avec discrétion…

Patienter pour que le caillou
Ne rechigne plus à devenir oiseau
Siffler sur la vieillesse du silence
Et boucher ses oreilles
Sur d’adultes propos.

Relever l’ancre avec fracas
Pour lifter les grimaces
À l’aube du renouveau..