Écrire enfin…

Prendre son clavier, taper quelques lettres, quelques phrases, imaginer une aventure ; se documenter, parcourir le temps et l’espace, s’installer dans une époque, se mettre à la place de ; explorer, deviner, émettre une hypothèse, retracer des chemins, ouvrir des champs et rêver encore…

Les paragraphes s’unissent pour accoucher d’un texte, opuscule lu et relu, exprimé à voix haute jusqu’à buter, corriger, modifier, couper, coller, aligner.

Puis le sourire point, voilà, c’est ma nouvelle… nouvelle !

La vue

Œil

La vue
Évite bien des bévues
Comme d’être pris au dépourvu
Ou de finir en garde à vue

Quand je passe ses avantages en revue
Rien ne bouleverse mon point de vue
Ni l’impression de déjà vu
Même pas un air de m’as-tu-vu

Si tu n’as rien de prévu
Et que d’une bonne heure tu es pourvu
Je te prêterais ma longue vue
T’auras des astres une entrevue

Si un jour

Poèmes courts réalisés en atelier d’écriture à partir de la consigne suivante : Chaque début de texte doit impérativement commencer par « si un jour ». Voici ce que j’en ai fait en flirtant souvent avec le surréalisme.

Si un jour
Les poules avaient des dents
Les œufs seraient en or !

Si un jour
Les pâturages bleus
Jouaient à faire ciel
La mer toute jaune
Verdirait les parquets.

Si un jour
Les tentacules vipérins
Aspiraient au changement
La paix reviendrait
Dans l’usine sociale.

Si un jour César
Finissait au mitard
Brutus la fine lame
Terminerait en réclame

Si un jour
Le jour ne venait à poindre
Ce serait un jour sans tain
Un jour sans appoint.

L’épanadiplose

Définition : Selon le Petit Robert ; l’épanadiplose est une figure de style consistant à répéter, à la fin d’une proposition, le mot ou le groupe de mots qui débute cette proposition.

J’ai proposé ce jeu lors d’un atelier d’écriture que j’animais.

Le texte quelque peu surréaliste que j’ai écrit avec ces contraintes :

Rallye Logo, mot que je rallie
Littéralement jusqu’à la lie
Demain j’écrirai à deux mains

Lendemains fragiles et lents
Le papier déroule le pas
Des chansons à la cime des champs.

Les trouvères bouchent les trous
Des partitions prêtes au départ
Vers la cathédrale de Nevers.

Epanadiplose

Vous avez envie d’essayer ? N’hésitez pas à mettre votre création en commentaire… Petite précision, les commentaires n’apparaissent qu’après acceptation afin d’éviter trop de spams ; ne vous inquiétez donc pas s’il y a un petit délai avant publication.

Slam

Tout à la baramine
Quand la mine te mine
Des coups de grisou
Pour un salaire à quatre sous
Et les tonnes de charbon
Pour faire vivre le coron.

Quand le café est dégueulasse
Dans ton quart devenu crasse
Tu regardes vers l’horizon
Et tu te dis qu’t’as pas un rond

Putain de charbon
Putain de mine
À force d’être pris pour un con
Faudra bien que tu te détermines.

Dans une dernière goulée de jus crado
Tu trônes sous les lampes du Prado
Dans ton regard vide et majestueux
Le charbon passe, sinistre et tempétueux.


inspiré d’une photo de Pedro Luis Raota

Diantre, quelques homéotéleutes.

Je ne regrette pas d’avoir écouté cette playlist
Sa musique entrainante
Va m’apporter
De la motivation pour toute la journée
Du peps !
Du printemps à longueur d’année,
Du voltage, déchirant les enceintes,
Un hymne personnalisé pour la gratte d’Hendrix.

Tiens, une erreur
Pour ce nouveau chœur
Il manque d’accordeurs
Asteure.

Car si le violon apporte la douceur,
La « hardeur » d’une bonne basse
Qui passe et que rien ne lasse
Ne casse pas la nasse
Des notes qui dénotent
Des potes de Paul Potts

M’accorderiez-vous cette danse, Gentle dame ?
Le flux et le reflux amoureux
M’égare et je me gare en gare
Près d’une mare en flemmard…
Qui donc se marre ?
Tant pis, c’est dit, je ne piquerai pas un fard…


Nota bene : L’homéotéleute est une répétition de sons sur des syllabes finales.