Le vers brisé

Concrètement, l’animateur d’atelier d’écriture va proposer un poème déchiré. Chaque écrivant devra créer 2 poèmes à partir des deux morceaux.
Une partie (côté gauche) commence le premier poème. L’autre partie termine le côté droit du second poème.

Voici le texte de départ, il s’agit d’un poème de Maurice Carême.

L’automne

L’automne, au coin du bois,
Joue de l’harmonica.
Quelle joie chez les feuilles !
Elle valse aux bras
Du vent qui les emporte
On dit qu’elles sont mortes
Mais personne n’y croit
L’automne, au coin du bois
Joue de l’harmonica.


Mes deux textes soit deux poèmes différents :

L’automne, aux rougeurs mordorées
Joue de facéties dans les ramures
Quelle joie chez les imaginatives couleurs
Elles valsent d’une tonalité à l’autre
Du vent, elles murmurent un froufrou
On dit qu’elles batifolent dans son souffle
Mais flottent sur le hasard des tapis forestiers
L’automne, aux langueurs monotones
Joue à tirer sa révérence.

Le maître fourbu au coin du bois,
Joue avec grand peine de l’harmonica.
L’ écrit, se mélange dans les feuilles !
Et l’archet lui fait mal aux bras
Au diable le vent qui les emporte
Ses rimes musicales sont mortes
Car, au final ; personne n’y croit.
Un maître bourru au coin du bois
Joue, sans y croire, de l’harmonica.

Souvenir

Jeu d’atelier d’écriture : Narrer un évènement passé en 5 lignes maximum au présent de l’indicatif.

Voici mon histoire, elle m’est réellement arrivée :

J’ai six ans, je me réveille, je suis allongé dans mon lit mais ne peux dégager les draps pour prendre ma respiration. J’étouffe, je panique, je crie, on vient, c’est la voix de mon père, je hurle, j’ai la tête au fond du lit… Il me dégage, me rassure, je souffle, je suis soulagé !

Literie

Ecritreve

Sur la table
Une feuille de papier
Un stylo quatre couleurs

Dans ma tête
Une foultitude de phrases
Une débauche de vers libres

Que faire de cette abondance
Sur l’immensité de la page ?
Comment dompter ce flux
Pour un si frêle feuillet ?

Le bic dans les starting-blocks
Je me prépare
Couleur noire
J’hésite
La bille se pose
Je me lance
Une phrase après l’autre
Lentement
Posément
Comme pour contraindre ma pensée.

Ce n’est qu’un premier jet
Il faudra le retravailler
Retourner sur le texte
Sur les vers sans rimes
Sur les strophes inachevées
Sur les accents chaleureux
Et les jambages d’opalescence.

Aujourd’hui encore
Je ne déposerai pas
Tout mon fouillis de vers !

Je pose mon stylo
Et conserve en moi
Des trésors d’imagination
Pour que le rêve ne tarisse pas.