Tres Hombres

Hissez la grand-voile !

L’ordre est donné
Le port s’éloigne à vive allure.

Jules, du haut de ses quinze ans
Sanglote en retrait
Première fois qu’il prend la mer
Première fois qu’on le prend pour un grand
Première fois qu’il bosse !

Bosse ?

Des bosses, il en a pris
Dans sa chienne d’existence

Boss ?

Tiens, le voilà, le Bosco
Le maître à bord

Et dans les cales repose
Une pleine cargaison de vin bio
Pour l’Angleterre.

Et dans les voiles,
Danse comme un air d’antan
Une symphonie d’Éole
En l’honneur de Bacchus
Un rythme des énergies
Un affairement de chaque instant.

Jules, tout penaud, essuie ses yeux
Se mouche le nez et sourit
Il se dit intérieurement :
« Bouge moussaillon ! »

Et la brigantine continue
À braver les flots
Au cœur du 21ème siècle !


Librement inspiré de cette vidéo :

Acrostiches textuels

À partir de la phrase « tout sera pâle et gris »

Tout le monde s’active, il
Sera bientôt minuit et le revenant
Pâle et tremblant rendra tout de suite
Gris les cheveux de l’assistance.

À partir de la phrase « dans les toilettes d’un café »

Dans un passé lointain
Les dames d’origine bourgeoise portaient des
Toilettes achetées à Paris près
D’un boulevard creusé non loin d’un
Café peuplé de rieurs prolétaires.

À partir de la phrase «il reprit sa respiration »

Il ne fallut pas grand chose, il
Reprit sa marche forcée vers la ville
Sa conscience vacilla et sa
Respiration devint douloureuse et fugace.